{"id":969,"date":"2019-05-13T12:37:52","date_gmt":"2019-05-13T10:37:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.maison-espagne.com\/?page_id=969"},"modified":"2022-01-07T13:43:50","modified_gmt":"2022-01-07T12:43:50","slug":"histoire-du-lieu","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/histoire-du-lieu\/","title":{"rendered":"Historia del lugar"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La Maison de l\u2019Espagne est situ\u00e9e au 7 ter et 9 rue Mignet \u00e0 Aix-en-Provence, au c\u0153ur d\u2019un quartier charg\u00e9 d\u2019histoire\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Tout commence en 1292, o\u00f9 Charles II d\u2019Anjou (dit \u00ab\u00a0Le Boiteux\u00a0\u00bb, Roi de Naples et Roi de Sicile, Comte d\u2019Anjou et Comte de Provence, fils de Charles Ier d\u2019Anjou et de B\u00e9atrice de Provence et petit-fils de Blanca de Castilla et parent de Ren\u00e9 Ier d\u2019Anjou \u00e9galement d\u00e9nomm\u00e9 Ren\u00e9 I\u1d49\u02b3 de Naples ou Ren\u00e9 de Sicile dit le \u00ab Bon Roi Ren\u00e9) fonda le Couvent des Dominicaines de Sainte-Marie-de-Nazareth, sous l\u2019actuel Coll\u00e8ge Mignet. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il y mit sa fille, la princesse B\u00e9atrix, afin de parfaire son \u00e9ducation et sa foi (ce qui fut un \u00e9chec). Charles II d\u2019Anjou d\u00e9c\u00e8de en 1309, et son corps est alors momifi\u00e9 puis enseveli dans les sols de sa propre \u00e9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Une soixantaine d\u2019ann\u00e9es plus tard, les Dominicaines abandonn\u00e8rent le couvent qui est alors d\u00e9truit et reconstruit dans le faubourg Bellegarde. La d\u00e9pouille de Charles II d\u2019Anjou a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e dans la nouvelle \u00e9glise, qui fut par la suite occup\u00e9e par d\u2019autres religieuses au fil du temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">En 1413, cette dite \u00e9glise servit de mod\u00e8le de construction pour d\u2019autres lieux saints (comme l\u2019\u00e9glise de la Madeleine), et en 1679, l\u2019endroit prit de l\u2019ampleur puis devint Monast\u00e8re Royal, portant alors le nouveau nom de Notre-Dame-de-Nazareth. Mais \u00e0 la fin du XVII\u00e8me si\u00e8cle, un incendie ravageur d\u00e9truisit une bonne partie des lieux, restaur\u00e9s plus tard en 1727.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">C\u2019est en 1792 que les derni\u00e8res religieuses quitt\u00e8rent d\u00e9finitivement le couvent, en pleine p\u00e9riode de R\u00e9volution Fran\u00e7aise. Il fut alors morcel\u00e9 puis vendu en lots afin de servir d\u2019habitat. Alors acquis par plusieurs \u00e2mes, l\u2019un d\u2019eux a donc fini par abriter entre ses murs, depuis 1998, notre association La Maison de l\u2019Espagne \u2013 Fondation Hispanophone de Provence.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Mais de nos jours, un myst\u00e8re perdure encore\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">O\u00f9 est donc pass\u00e9 le cercueil de Charles II d\u2019Anjou, enterr\u00e9 6 si\u00e8cles plus t\u00f4t\u00a0?<\/p>\n<div id=\"attachment_441-2\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-441-2\" class=\"wp-image-441 size-full\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/histo_plan-e1627546916839.jpg\" alt=\"rue Mignet\" width=\"200\" height=\"153\" \/><p id=\"caption-attachment-441-2\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #808080;\"><em>Vue de la rue Mignet<\/em><\/span><\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_440-2\" style=\"width: 155px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-440-2\" class=\"wp-image-440 size-full\" style=\"font-weight: bold; background-color: transparent; font-size: 1rem;\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/histo_roi.jpg\" alt=\"Charles II\" width=\"145\" height=\"213\" \/><p id=\"caption-attachment-440-2\" class=\"wp-caption-text\">Charles II d&#8217;Anjou<\/p><\/div>\n<p>La Maison de l\u2019Espagne si\u00e8ge dans des murs charg\u00e9s d\u2019histoire. Et en voici un r\u00e9sum\u00e9 de ces 8 derniers si\u00e8cles :<\/p>\n<p>Tout commence avec les Dominicaines (terme qui renvoie \u00e0 deux types de religieuses catholiques en lien avec l\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ordre_dominicain\">ordre dominicain<\/a> (ou ordre des Pr\u00eacheurs) que sont les s\u0153urs contemplatives et les s\u0153urs apostoliques). Quelques-unes d\u2019elles quittent le Lauragais pour Marseille o\u00f9 elles s\u2019installent en 1286-1287. Quatre s\u0153urs furent d\u00e9put\u00e9es de Prouille afin d\u2019occuper les lieux o\u00f9 Fr\u00e8re Raymond Botini assuma la charge de prieur tandis que Mathilde de Forcalquier occupait celle de prieure. Modestement h\u00e9berg\u00e9es par de riches bourgeois marseillais, elles n\u2019y demeurent que de br\u00e8ves ann\u00e9es, et furent bient\u00f4t orient\u00e9es par le roi Charles II d\u2019Anjou, roi de Naples, roi de Sicile et de J\u00e9rusalem et comte de Provence, vers la cit\u00e9 d\u2019Aix-en-Provence, pour un \u00abplus seigneurial destin\u00bb. Loin de l\u2019id\u00e9e d\u2019itin\u00e9rance, elles sont d\u2019abord install\u00e9es dans la bastide royale de la Duranne, en novembre 1290, o\u00f9 les s\u0153urs se trouvent trop isol\u00e9es. Un nouvel achat foncier permet \u00e0 Charles II d\u2019Anjou de les loger, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des murs de la cit\u00e9. En 1292, au moment du transfert du couvent contre les murailles d\u2019Aix-en-Provence, les Pr\u00eacheurs sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents<span style=\"text-decoration: line-through;\"> \u00e0<\/span> l\u00e0-bas, non loin d\u2019un important lieu de pouvoir, le palais comtal. Le d\u00e9volu des Dominicains et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, des Mendiants, se fixe sur les \u00abgrandes et moyennes villes\u00bb. Aix-en-Provence, en plein essor d\u00e9mographique et \u00e9conomique, est propice \u00e0 l&#8217;installation raisonn\u00e9e des s\u0153urs de Nazareth. Ce couvent qui a l\u2019obligation de faire \u0153uvre d\u2019assistance devra recevoir 100 religieuses dont 10 converses. La construction du couvent, ordonn\u00e9e par Charles II d\u2019Anjou, dure de 1293 \u00e0 1297, vraisemblablement pour une premi\u00e8re campagne de travaux. En 1298, l\u2019archev\u00eaque consacre le cimeti\u00e8re. Mais en 1301, on acquiert encore des parcelles pour agrandir le jardin rogn\u00e9 par les r\u00e9centes constructions. Enfin, \u00e0 cette date, on travaille encore \u00e0 l\u2019\u00e9dification du dortoir et des murs de cl\u00f4ture.<\/p>\n<p>Une des particularit\u00e9s de ce couvent f\u00e9minin, c\u2019est la raret\u00e9, car on peut admettre que les maisons de femmes sont assez peu nombreuses chez les Dominicains. Cette fondation se fait \u00e0 la demande d\u2019un la\u00efc, en l\u2019occurrence le Roi, dans la plus pure tradition cap\u00e9tienne. Une sorte de politique du lignage s\u2019exerce par le biais de ces fondations, et les couvents royaux sont des lieux o\u00f9 se perp\u00e9tue la m\u00e9moire et s\u2019affermit le pouvoir. C\u2019est une v\u00e9ritable seigneurie eccl\u00e9siastique. Le r\u00e9pertoire des plus anciens titres des Dominicaines d\u2019Aix-en-Provence n\u2019analyse pas moins de 120 actes. Parmi eux figurent 31 donations, 6 legs, concernant immeubles et cens. Le patrimoine de l\u2019\u00e9tablissement pourrait avoir \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable. C\u2019est aussi une r\u00e9sidence royale, Charles II d\u2019Anjou y s\u00e9journait r\u00e9guli\u00e8rement. L\u2019autre aspect est d\u2019ordre social, il concerne la politique de recrutement, une liste dress\u00e9e en 1318 recense 82 religieuses. Parmi elles, la propre fille du roi Charles II d\u2019Anjou, la fameuse B\u00e9atrix d\u2019Anjou, ainsi que des lignages de Provence, filles des Baux, de Meyrargue, de Puyricard, d\u2019Eguilles, de Sabran, de Lamanon, de Roquevaire&#8230; Apparaissent encore des patronymes illustres, la famille Etendard, conn\u00e9table du royaume (normand), ou des familles de moindre envergure tels les Esparron, Artaud de Venel, de Meyreuil, ou encore des filles de riches marchands. On note une majorit\u00e9 de nobles et des liens forts avec la bourgeoisie. Le bassin de recrutement est vaste, il va bien au-del\u00e0 de la Provence. La vocation \u00e0 l&#8217;instruction reconnue pour les couvents dominicains, rarement soulign\u00e9e pour cet \u00e9tablissement, est pourtant pressentie \u00e0 travers ce recrutement juv\u00e9nile. Le retour dans le si\u00e8cle et le destin la\u00efc choisi pour B\u00e9atrix d\u2019Anjou par son p\u00e8re apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es pass\u00e9es au couvent, plac\u00e9 sous le vocable de Notre-Dame-de-Nazareth, en est l&#8217;illustration. Enfin, on se trouve assez loin de la mystique pauvret\u00e9, car le train de vie men\u00e9 dans le monast\u00e8re est vraiment aristocratique. Le soin apport\u00e9 \u00e0 l\u2019alimentation, l\u2019\u00e9quilibre et la vari\u00e9t\u00e9 des esp\u00e8ces consomm\u00e9es (viandes et poissons), le luxueux mobilier monogramm\u00e9, l\u2019inventaire des biens et droits, le rayonnement du couvent \u00e0 travers les textes trahit l\u2019opulence de l\u2018institution.<\/p>\n<p>Notre-Dame-de-Nazareth (actuellement, ensemble du Coll\u00e8ge Mignet et du b\u00e2timent dans lequel se situe La Maison de l\u2019Espagne) est d\u00e9crit comme \u00abun des plus beaux b\u00e2timents de la ville\u00bb. Le programme architectural du groupe conventuel organise, dans une vaste propri\u00e9t\u00e9, d\u2019apr\u00e8s les descriptions faites dans les textes, de nombreux corps de logis, b\u00e2timents religieux et d\u00e9pendances diverses, articul\u00e9s autour de cours ou d\u2019espaces libres, de jardins, le tout cern\u00e9 d\u2019une importante cl\u00f4ture. L\u2019espace religieux, enceinte d&#8217;une muraille pour \u00abs\u2019\u00e9loigner des mani\u00e8res du monde\u00bb, se divise traditionnellement en plusieurs parties que sont la cl\u00f4ture r\u00e9serv\u00e9e aux moniales (clo\u00eetre, salle capitulaire, scriptorium, dortoir, r\u00e9fectoire), les secteurs d&#8217;accueil (l&#8217;hospitium), les espaces d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la vie mat\u00e9rielle (b\u00e2timents de ferme, \u00e9curies, \u00e9tables, avec les jardins, les terres agricoles), une cl\u00f4ture pour les moines qui dirigent en fait cette abbaye de femmes et des b\u00e2timents destin\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9tude et divers b\u00e2timents pour loger ceux qui travaillent dans le couvent. Il comporte au moins une \u00e9glise (abbatiale), accessible \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Les ma\u00e7onneries observ\u00e9es dessinent un r\u00e9seau de constructions orthonorm\u00e9es et synchrones, comprenant une grande salle rectangulaire de plus de 120 m2, des communs (cuisines, annexes) ainsi que des espaces ext\u00e9rieurs incluant un puits monumental, des fosses d\u00e9potoirs. D&#8217;autre part, une partie de la zone de jardins et de cultures a \u00e9t\u00e9 reconnue, et, pour ce qu\u2019on peut en voir, se situe \u00e0 l\u2019ouest et au sud de la parcelle, comprenant l\u2019existence d&#8217;un corps de b\u00e2timents avec cour dans ce secteur. Ferm\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest et \u00e0 l&#8217;est par d&#8217;importants murs de cl\u00f4ture, ce secteur est agr\u00e9ment\u00e9 de plantations et de fontaines. Les nombreux \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau retrouv\u00e9s dans l\u2019enceinte du monast\u00e8re au cours des travaux de fouilles comptent aussi un fragment de margelle de puits en terre cuite de style arabo-andalou, diff\u00e9rents caniveaux et de probables latrines mises au jour lors de la toute derni\u00e8re campagne.<\/p>\n<p>Aux alentours de la cit\u00e9 aixoise, les 4 ordres mendiants (Augustins, Carmes, Mineurs et Pr\u00eacheurs), s\u2019\u00e9tablissent tous au XIIIe s., hors de la ville, dans les bourgs en limite des remparts, dans la proximit\u00e9 des routes et des portes. La protection que Charles II d\u2019Anjou accorde aux Dames de Nazareth place leur couvent en position pr\u00e9pond\u00e9rante parmi les autres institutions religieuses aixoises. L\u2019\u00e9tablissement est qualifi\u00e9, dans les textes, de\u201d monasterium dominarum\u201d.<\/p>\n<p>Les Dominicaines sont pr\u00e9sentes au sud de la ville, faisant pour ainsi dire face \u00e0 la commanderie des hospitaliers de Saint-Jean de J\u00e9rusalem, \u00e0 une distance de moins de 200 m\u00e8tres. Cette autre grande fondation comtale, plus ancienne, s\u00e9pulture ancestrale de la dynastie des comtes angevins, \u00e9tait li\u00e9e physiquement et symboliquement au palais comtal par la voie d\u2019Italie. Cette double marque de l&#8217;emprise comtale, confirm\u00e9e par le recrutement des moniales issues de l\u2019\u00e9lite aristocratique, distinguait le couvent des Dominicaines de Notre-Dame-de-Nazareth, des autres couvents mendiants. Contrepartie f\u00e9minine du couvent royal de Saint-Maximin, le couvent des Dominicaines de Notre-Dame-de-Nazareth refl\u00e9tait les v\u00e9ritables pr\u00e9f\u00e9rences de la maison fondatrice en cette fin du XIIIe si\u00e8cle, alors que la reconstruction de l\u2019\u00e9glise des Hospitaliers, entreprise par Charles Ier d\u2018Anjou entre 1272 et 1277 environ, avait \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par la volont\u00e9 de confirmer et d\u2019afficher la l\u00e9gitimit\u00e9 de la succession dynastique. Cette qualit\u00e9 particuli\u00e8re qui devait se distinguer dans l\u2019architecture du b\u00e2ti monastique proprement dit, mise en \u00e9vidence par des t\u00e9moignages arch\u00e9ologiques, se refl\u00e8te encore dans les structures retrouv\u00e9es en fouille et surtout dans le mobilier arch\u00e9ologique. Ainsi se dessine l\u2019image fant\u00f4me d\u2019un complexe monastique vaste et singulier, dont l\u2019envergure devait sans doute \u00e9galer, sinon \u00e9clipser, celle de la commanderie proche.<\/p>\n<p>Les couvents d\u2019Aix-en-Provence et de Saint-Maximin sont l\u2019\u0153uvre \u00ab d\u2019amour et de gratitude \u00bb d\u2019un seul patron, Charles II d\u2019Anjou, envers l\u2019ordre de Saint Dominique. Mais des motivations d\u2019ordre politique ont pu \u00e9galement accompagner le souverain dans ses \u00e9lans de charit\u00e9. \u00c0 son arriv\u00e9e au pouvoir, la cit\u00e9 aixoise restait encore la favorite des Comtes catalans et de Toulouse (Maison de Barcelone), appuy\u00e9e notamment par l\u2019ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-J\u00e9rusalem. La ville d\u2019Aix-en-Provence, et la Provence plus g\u00e9n\u00e9ralement, passe, non sans opposition, de la tutelle catalane \u00e0 celle des cap\u00e9tiens d\u2019Anjou (les cap\u00e9tiens forment traditionnellement la troisi\u00e8me dynastie des rois de France, dont fait naturellement partie Charles II d\u2019Anjou). Et c\u2019est dans ce contexte, \u00e0 la fois peu propice et instable, que le roi Charles II d\u2019Anjou, comte de Provence, affermit ses ambitions et ses positions. La fondation aixoise se fait au moment o\u00f9 la ville est en pleine expansion. Celle de Saint-Maximin, bien que plus modeste, est idoine (d\u00e9veloppement du bourg, collecte de droits sur les march\u00e9s, boucherie, protection de la communaut\u00e9 juive&#8230;). Saint-Maximin est sur le chemin des villes portuaires de Toulon et d\u2019Hy\u00e8res (monopole du sel, droits de gabelle, portes vers la Terre Sainte\u2026). La route d\u2019Aix-en-Provence \u00e0 Nice est aussi un axe tr\u00e8s important pour la basse Provence). Par une s\u00e9rie de lib\u00e9ralit\u00e9s, Saint-Maximin devient fief royal et le bourg sort de la juridiction de Saint-Victor de Marseille. La fondation varoise, \u00e0 l\u2019inverse des autres couvents, est situ\u00e9e \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur des murs du bourg. Ambitieuse, elle s\u2019accompagne d\u2019un \u00e9v\u00e9nement d\u2019importance, l\u2019invention des reliques de la Benoiste Magdalaine, dont les moines auront la garde. Pour abriter les saints restes, il fallait une basilique que Charles II d\u2019Anjou voulait vaste, car destin\u00e9e \u00e0 accueillir les foules de grands p\u00e8lerinages \u00e0 venir. Dans l\u2019architecture qui est encore visible, la majest\u00e9 des b\u00e2timents (mise en \u0153uvre et ampleur du programme) et l\u2019esprit de pauvret\u00e9 s\u2019opposent, \u00e0 l\u2019instar du couvent aixois. Outre les constructions, le roi octroie la somme de 10 livres par fr\u00e8re pour l\u2019entretien annuel du Couvent de Saint-Maximin, qui devra abriter 100 fr\u00e8res. Il verse, en 1295, 250 livres pour les 25 fr\u00e8res pr\u00e9sents au moment de la fondation de ce dernier. En 1297, il confie aux s\u0153urs de Nazareth une rente de 1000 livres sp\u00e9cifiant qu\u2019elle reviendrait aux Pr\u00eacheurs de Saint Maximin d\u00e8s que leur couvent atteindrait l\u2019effectif id\u00e9al de 100 religieux. Cette rente sera acquitt\u00e9e de fa\u00e7on immuable par tr\u00e9sorerie royale jusqu\u2019au XVe s. En imposant ces 2 fondations majeures et particuli\u00e8rement ostentatoires, le pouvoir royal, et partant, la dynastie angevine, prennent pleinement leurs marques. La Provence s\u2019int\u00e8gre progressivement au royaume cap\u00e9tien.<\/p>\n<div id=\"attachment_2896-2\" style=\"width: 219px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2896-2\" class=\"size-medium wp-image-2896\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/20210319_190545-1-209x300.jpg\" alt=\"\" width=\"209\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/20210319_190545-1-209x300.jpg 209w, https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/20210319_190545-1-768x1100.jpg 768w, https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/20210319_190545-1-715x1024.jpg 715w, https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/20210319_190545-1-800x1146.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 209px) 100vw, 209px\" \/><p id=\"caption-attachment-2896-2\" class=\"wp-caption-text\">Le quartier de Bellegarde<br \/>Extrait du plan<br \/>d\u00b4Aix-en-Provence<br \/>Fran\u00e7ois de Belleforest (1573-1575).<br \/>1.Saint Sulpice.<br \/>2.Couvent des Pr\u00eacheurs.<br \/>3.Palais Comtal et Parlement de Provence.<br \/>4.Couvent des Dominicaines de Notre Dame de Nazareth. (Emplacement actuel de La Maison de l\u00b4Espagne.<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le prestigieux couvent fut transf\u00e9r\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment en 1377, dans un nouveau faubourg dit \u00abNaurabet\u00bb, dans l\u2019actuel quartier Bellegarde (La Maison de l\u2019Espagne) qui allait \u00eatre inclus dans la ville d\u2019Aix-en-Provence, dans la seconde moiti\u00e9 du XIVe si\u00e8cle. Ce d\u00e9placement vers l\u2019int\u00e9rieur des remparts, au-del\u00e0 des craintes li\u00e9es \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 du si\u00e8cle, traduit \u00e9galement une forte volont\u00e9 d\u2019int\u00e9gration au noyau urbain. Le 2 juin 1377, l\u2019archev\u00eaque de Posillac obtient un accord entre le Chapitre et les religieuses pour ce transfert et la construction d\u2019un nouveau monast\u00e8re. Install\u00e9es dans un premier temps assez sommairement, leur nouvelle \u00e9glise, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Saint Barth\u00e9lemy (La Maison de l\u2019Espagne), sera consacr\u00e9e le 17 janvier 1501. Le couvent se trouvait \u00e0 l\u2019intersection des actuelles rues Suffren et Mignet. \u00c0 cet endroit, on peut encore observer des mod\u00e9natures sur l\u2019une des portes et les traces d\u2019un grand portail. L\u2019abb\u00e9 Marbot rapporte \u00e9galement la pr\u00e9sence de \u00abb\u00e2timents contigus qui n\u2019ont point l\u2019aspect de maisons priv\u00e9es\u201d. C\u2019\u00e9tait l\u00e0, le monast\u00e8re des Dominicaines, dites Dames de Saint-Barth\u00e9lemy\u00bb. En 1679, la communaut\u00e9 comptait encore soixante religieuses. Le Couvent des Dominicaines de Notre-Dame-de-Nazareth, toujours \u00abroyal\u00bb selon les v\u0153ux de Louis XIV (et plac\u00e9 sous le r\u00e9gime de la commande), n&#8217;avait plus que dix moniales \u00e0 la veille de la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, durant laquelle il fut d\u00e9truit. De m\u00eame que la d\u00e9pouille du roi Charles II d\u2019Anjou, qui y avait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e au XIVe s, disparue \u00e0 la r\u00e9volution et encore introuvable \u00e0 ce jour.<\/p>\n<h6>]<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-439\" style=\"font-weight: bold; background-color: transparent; font-size: 1rem;\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/histo_comtss.jpg\" alt=\"Religiosa de la orden no reformada de las dominicas instalada en el convento dedicado a san Bartolom\u00e9\" width=\"132\" height=\"212\" \/><br \/>\n<span style=\"color: #808080;\"><em>Religieuse de l&#8217;ordre non r\u00e9form\u00e9 des Dominicaines install\u00e9es dans le couvent consacr\u00e9 \u00e0 Saint Barth\u00e9l\u00e9my.<\/em><\/span><\/h6>\n<p>Sources :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Un couvent royal\u00a0: Les Dominicaines de Notre-Dame-de-Nazareth d\u2019Aix-en-Provence au XIIIe s<\/em>, COULET, 1973<\/li>\n<li><em>Entre tours et clochers : les gens d&#8217;\u00e9glise \u00e0 Aix-en-Provence au XVI\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, DOLAN, 1981<\/li>\n<li><em>Un couvent royal de Dominicaines<\/em>, Sandrine CLAUDE, 2014<\/li>\n<li><em>Aix en Arch\u00e9ologie, 25 ans de d\u00e9couvertes<\/em>, Sandrine CLAUDE, 2014<\/li>\n<li><a style=\"color: #800000;\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/archeomed\/16938\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab Aix-en-Provence (Bouches-du-Rh\u00f4ne). Maison de l\u2019Espagne, 7ter, rue Mignet\u00a0\u00bb, Sandrine Claude, 2018.<\/a><\/li>\n<li><a style=\"color: #800000;\" href=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Couvents_Dominicaines_ARPA_66_mai_2012.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab Les Couvents des Dominicaines \u00bb,\u00a0Mireille Decourcelle, 2012<\/a><\/li>\n<li><a style=\"color: #800000;\" href=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Couvents_Dominicaines_ARPA_66_mai_2012.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab<\/a><a style=\"color: #800000;\" href=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Notre-dame-de-Nazareth.pdf\">\u00a0Le couvent des Dominicaines de Notre-Dame de Nazareth <\/a><a style=\"color: #800000;\" href=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Couvents_Dominicaines_ARPA_66_mai_2012.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00bb<\/a><a style=\"color: #800000;\" href=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Notre-dame-de-Nazareth.pdf\">,\u00a0Catherine RICHARTE,\u00a0Catherine BARRA et Andreas HARTMANN-VIRNICH, 2007.<\/a><\/li>\n<li><a style=\"color: #800000;\" href=\"https:\/\/data.bnf.fr\/fr\/temp-work\/14d7622f8be848458dfc1c6171d82ad6\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab Sur les traces cach\u00e9es de nos couvents\u00a0\u00bb<\/a><span style=\"color: #800000; font-size: 1rem;\">,\u00a0Amandine Delus, Isabelle Pain, Marie Lhiaubet, 2005.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<h1>La Maison de l&#8217;Espagne, 7 ter rue Mignet, en 1998 :<\/h1>\n<div class=\"row\"><div class=\"col-sm-6\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-450 size-full\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique4.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"453\" srcset=\"https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique4.jpg 300w, https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique4-199x300.jpg 199w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/div><div class=\"col-sm-6\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-447 size-full\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"453\" srcset=\"https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique1.jpg 300w, https:\/\/www.maison-espagne.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique1-199x300.jpg 199w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/div><\/div>\n<p><div class=\"row\"><div class=\"col-sm-6\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-449 size-full\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique5.jpg\" alt=\"En 1998\" width=\"300\" height=\"197\" \/><\/div><div class=\"col-sm-6\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-448 size-full\" src=\"http:\/\/gtsnhop.cluster131.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/historique2.jpg\" alt=\"En 1998\" width=\"300\" height=\"197\" \/><\/div><\/div><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Maison de l\u2019Espagne est situ\u00e9e au 7 ter et 9 rue Mignet \u00e0 Aix-en-Provence, au c\u0153ur d\u2019un quartier charg\u00e9 d\u2019histoire\u00a0: Tout commence en 1292, o\u00f9 Charles II d\u2019Anjou (dit \u00ab\u00a0Le Boiteux\u00a0\u00bb, Roi de Naples et Roi de Sicile, Comte d\u2019Anjou et Comte de Provence, fils de Charles Ier d\u2019Anjou et de B\u00e9atrice de Provence et petit-fils de<\/p>\n<p><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/histoire-du-lieu\/\">Mas<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":2250,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-969","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/969","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=969"}],"version-history":[{"count":48,"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/969\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3735,"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/969\/revisions\/3735"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2250"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=969"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=969"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.maison-espagne.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=969"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}